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par Henri Labayle, CDRE  CDRE  et Philippe De Bruycker, Réseau Académique Odysseus    Odysseus

Le Conseil européen réuni le 7 mars était supposé examiner l’état d’avancement du Plan d’action entre l’Union européenne et la Turquie, conclu en novembre 2015. L’idée était que, faute de résultats probants, d’autres mesures soient arrêtées. L’arrivée d’une moyenne de 2000 personnes par jour en Grèce depuis le début du mois de janvier plaidait en ce sens.

Pour certains États membres, le « Plan B » consistait à fermer les frontières extérieures de l’espace Schengen, quitte à plonger la Grèce dans une crise absolue. Le président du Conseil européen y était favorable puisqu’un projet de conclusions du Conseil ayant fuité à la fin du week-end et largement repris dans la presse faisait état d’une « fermeture de la route des Balkans ».

La « Déclaration » du Conseil européen renvoyant la solution finale de la question à une dizaine de jours n’en fait plus mention. Son objectif affiché est de démontrer que l’arrivée irrégulière ne donne plus accès à l’espace Schengen et qu’il y existe au contraire un chemin légal pour accéder à l’asile dans l’UE, avec le concours de la Turquie. L’examen de son contenu démontre en réalité l’ampleur des dysfonctionnements de la gestion institutionnelle de la crise des migrants (1), traitement que la proposition d’un nouveau principe de répartition des réfugiés (« 1 pour 1 ») ne va pas améliorer (2), a fortiori si la perspective de la fermeture des frontières extérieures de la zone Schengen se confirme (3). Continue reading »

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par Joanna Pétin, CDRE    CDRE

La Commission européenne, le 2 mars 2016, a déposé une proposition de règlement établissant un mécanisme d’aide d’urgence à l’intérieur de l’Union. Elle y est très claire : « mutual assistance and support in the face of disasters is a fundamental expression of the universal value of solidarity between people and a moral imperative as such disasters may lead to a significant number of people being unable to meet their basic needs with potential severe adverse effects on their health and lives » (considérant n°1, COM (2016) 115 final). Si l’affirmation est pieuse, les mots sont une chose, les actes, une autre.

Depuis un an, le vocabulaire de la solidarité inonde les débats agitant les institutions de l’UE et ses États membres. Face à une crise migratoire sans précédent, les actes solidaires restent pourtant aux abonnés absents. La pression migratoire continue et le caractère massif des arrivées est de jour en jour de plus en plus réel. L’hiver n’a pas freiné les arrivées et l’approche du printemps sonne comme un avertissement pour l’UE. Les solutions adoptées à la fin de l’été 2015, sous couvert d’un « esprit de solidarité », n’emportent pas les résultats escomptés. Loin de là. Continue reading »

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by Ulla Iben Jensen and Jens Vedsted-Hansen, Aarhus University  aarhus

The adoption of the ’Jewellery Law’: One element of many which explicitly aim to make it “significantly less attractive to seek asylum in Denmark”

On 10 December 2015, the Danish Government presented Bill No. L 87 entitled ‘Postponement of the right to family reunification for persons with temporary protection status, tightening of the rules on permanent residence permit, tightening of the rules on revocation of refugees’ residence permit etc.’ On 26 January 2016 that Bill, including an amendment later proposed on 12 January 2016 by the Government, was adopted by the Danish Parliament and became Act No. 102 of 3 February 2016, amending the Danish Aliens Act. The Bill was based on the Government’s Asylum Package of 13 November 2015, responding to the large influx of refugees by presenting 34 proposals for legislative amendments and administrative initiatives having the overall aim of making Denmark less attractive to asylum seekers; an aim already declared in the Government Platform of June 2015. This Act represents the final part of the Government’s planned tightening of Danish immigration and asylum law that also included advertising in Lebanese media in September 2015 about the tightening of the Danish residence rules in 2015; the introduction of temporary Danish border control in January 2016; and the prolonging of same in respectively January and February 2016. Continue reading »

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par Henri Labayle, CDRE   GDR - ELSJ - Logo 5'

Le Conseil européen des 18 et 19 février s’est achevé à 23 heures 59, par la publication des conclusions auxquelles les dirigeants de l’Union étaient parvenus, accompagnées des commentaires du Président du Conseil européen.

Cousue de fil blanc, la négociation présentée comme celle de la « dernière chance », pour la 18eme fois selon un comptage journalistique, ne pouvait qu’aboutir à un accord. Sous peine de signifier l’échec du Premier ministre britannique et donc son obligation de sonner le retrait de son pays de l’Union européenne avant un référendum fixé au 23 juin.

Quitte à manger un cornet de frites devant le Conseil en attendant que l’heure tourne, comme la presse le rapporte à propos de la Chancelière allemande, ou à occuper son temps libre avec une émission radio pour le président français, il fallut donc simuler la tension, la sueur, le sang et les larmes. L’objectif de la mise en scène était connu : permettre au demandeur britannique de persuader son opinion publique qu’il avait arraché un « statut spécial » pour le Royaume Uni, garantissant à son pays le « meilleur des deux mondes » et justifiant son maintien. De même qu’il fallut multiplier les félicitations de ses pairs à David Cameron pour sa « combativité » et un « bon accord », à pur usage externe évidemment.

L’achèvement de ce simulacre peu glorieux permet de réfléchir au fond des choses, à l’instant où près d’un million de réfugiés soumettent l’Union à une pression sans pareille, sans bénéficier d’une attention aussi soutenue.

L’ampleur des compromis passés par le Conseil européen fournit-elle vraiment une réponse à la menace d’un Brexit ou bien n’y a-t-il là qu’apparence et jeux de rôle ? Au vu de leur forme et de la somme des démissions collectives que ces petits arrangements entre amis révèlent, ne faut-il pas aujourd’hui souhaiter que l’abcès soit percé, enfin ? Continue reading »

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by Evelien Brouwer, Vrije Universiteit Amsterdam Vrije_Universiteit_Amsterdam_logo.svg, Conny Rijken, Tilburg University tilburg, and Ralph Severijns, ACVZ   ACVZ

This blog is based on the advice given by the Dutch Advisory Committee on Migration Affairs (ACVZ). The full report is available in Dutch and in English.

For some years there has been considerable criticism of the uneven distribution of asylum applications and the responsibilities related to such applications across the member states of the European Union (EU). There are substantial differences between member states in the number of asylum applications received, both in absolute and relative terms. Furthermore, the way the member states deal with asylum seekers and asylum applications varies. This is remarkable, considering that the standards governing the treatment of asylum applications are identical in the majority of member states, and are laid down in binding EU directives, such as the Qualification Directive 2011/95, the Procedure Directive 2013/32, and Reception Directive 2013/33. A study of the Dutch Research and Documentation Centre ‘How (un)restrictive are we? Adjusted’ and ‘expected’ asylum recognition rates in Europe’ published in January 2016, established the substantial differences in recognition rates in the EU, even if these recognition rates had been adjusted for the differences in the composition of asylum populations in the European states. The uneven distribution of responsibilities and recognition rates has led to tensions within the EU. This contribution explores how the Common European Asylum System (CEAS) could be transformed into a system based on solidarity, in which the responsibilities of the member states vis-à-vis asylum seekers and permit holders can be shared fairly among them. Continue reading »

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by Ana Rita Gil, Universidade Nova de Lisboa   Logo_fdunl_Orig

On the 1st September 2015, right during the epicenter of the migration crisis in Europe, the European Court of Human Rights (ECHR) issued a striking ruling in the Khlaifia and Others vs. Italy case on collective expulsion. The case is striking as it demonstrates that it is extremely difficult to differentiate between a series of individual expulsions, which is allowed, and a collective expulsion, which is prohibited, when a group of several people is returned together. This is a key issue, as EU Member States claim that they will return third-country nationals who do not have the right to stay in Europe (in particular failed asylum seekers) much more often than they have done in the past. It is doubtful, however, that a “return industry” will be established due to various practical difficulties, and more fundamentally, the legal difficulties EU States would probably face in trying to implement such a policy. Continue reading »