La Marche turque : quand l’Union sous-traite le respect de ses valeurs à un État tiers
09 Wednesday Mar 2016
par Henri Labayle, CDRE
et Philippe De Bruycker, Réseau Académique Odysseus ![]()
Le Conseil européen réuni le 7 mars était supposé examiner l’état d’avancement du Plan d’action entre l’Union européenne et la Turquie, conclu en novembre 2015. L’idée était que, faute de résultats probants, d’autres mesures soient arrêtées. L’arrivée d’une moyenne de 2000 personnes par jour en Grèce depuis le début du mois de janvier plaidait en ce sens.
Pour certains États membres, le « Plan B » consistait à fermer les frontières extérieures de l’espace Schengen, quitte à plonger la Grèce dans une crise absolue. Le président du Conseil européen y était favorable puisqu’un projet de conclusions du Conseil ayant fuité à la fin du week-end et largement repris dans la presse faisait état d’une « fermeture de la route des Balkans ».
La « Déclaration » du Conseil européen renvoyant la solution finale de la question à une dizaine de jours n’en fait plus mention. Son objectif affiché est de démontrer que l’arrivée irrégulière ne donne plus accès à l’espace Schengen et qu’il y existe au contraire un chemin légal pour accéder à l’asile dans l’UE, avec le concours de la Turquie. L’examen de son contenu démontre en réalité l’ampleur des dysfonctionnements de la gestion institutionnelle de la crise des migrants (1), traitement que la proposition d’un nouveau principe de répartition des réfugiés (« 1 pour 1 ») ne va pas améliorer (2), a fortiori si la perspective de la fermeture des frontières extérieures de la zone Schengen se confirme (3). Continue reading »





